Démarche artistique
Peinture, poésie et récit — une quête de l'espace poétique, du paysage imaginé, de l'objet poétique.
Ma démarche artistique est une quête de l’immensité intime, une exploration de la poétique de l’espace à travers la peinture, la poésie et le récit intime. Je cherche à créer des œuvres qui invitent à la contemplation, à la méditation, à la perte dans l’immensité intérieure.
Ma peinture prend racine dans la peinture de paysage. Parfois on peut reconnaître la mer, parfois la montagne, parfois ni la mer, ni la montagne. Néanmoins, il y a un imaginaire, une topographie qui la lie au paysage, au paysage imaginé, au paysage intérieur.
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« Par le simple souvenir, loin des immensités de la mer et de la plaine, nous pouvons, dans la
méditation, renouveler en nous-mêmes les résonances de cette contemplation de la grandeur. »
Gaston Bachelard
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« Je peins de très grands tableaux. J'ai conscience qu'historiquement le fait de peindre de grands tableaux est grandiloquent et pompeux. La raison pour laquelle je les peins, c'est précisément que je veux être intime et humain. »
Mark Rothko
Dans ma peinture, je cherche à créer cette poétique de l’espace, une expérience immersive par le format et en même temps profondément humaine et intime. À partir de compositions puisées dans les paysages naturels de mers, de rochers, de rivières, d’écorces, je construis de grands tableaux abstraits comme des voyages mouvants et méditatifs. Celui qui contemple est invité à se perdre dans l’espace de la toile où les détails forment autant de paysages dans le paysage.
Je convoque les éléments : Air, Eau, Feu, Terre. Je les mélange, les tisse entre eux comme l'étoffe d'un rêve éveillé. C'est dans les grands espaces que, pour moi, mes compositions se déploient avec le plus de force, qu'elles prennent assez de substance pour provoquer la perte dans l'immensité. Dans cette contemplation que Gaston Bachelard nomme si joliment l'immensité intime.
J’ai trouvé chez Joan Mitchell une grande sœur…
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« I carry my landscapes around with me ». Elle peignait dans son atelier, rideaux fermés.
Joan Mitchell
Je me retrouve en elle car je ne peins jamais sur le motif et plutôt sur l’émotif. Je ne suis pas impressionniste car je ne cherche pas à saisir la réalité, la lumière d’un instant. Je m’imagine une valise où je collectionnerai des images, des impressions, des idées, des couleurs, des compositions.
Rétrospectivement, la peinture a été pour moi, la première quête et la première expression et incarnation de ce que j’appellerais L’Objet poétique.
En 2023, un retour au texte s’est opéré par la création d’un poème associé à une toile, Entre Grèce et Islande. Cette association de l’image poétique par la peinture et de l’image poétique par le texte se déploie plus amplement dans mon travail aujourd’hui. La poésie est résolument une « voix » nouvelle dans laquelle je m’engouffre avec joie et délices.
J’ouvre ainsi un nouveau champ de recherche artistique que j’ai appelé : « L’investigation dans l’objet poétique ». Au travers de la peinture, au travers du texte, au travers de la matérialisation du texte en « objet physique », au travers de la création d’objets poétiques incarnés, au travers pourquoi pas de la lecture et de la performance.
La création de ces “objets poétiques”, je ne les conçois pas forcément comme l’émanation de ma seule expression. J’éprouve de la joie à explorer la variété des univers, à inviter d’autres âmes à composer avec moi, à imaginer, créer et déployer des expériences artistiques narratives, sensorielles, multi-dimensionnelles, pluridisciplinaires, à la croisée.